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joettx dans
Accueil le 21 Avril 2010 à 12:43
01 : Le spationef de la FDA Fédérale (quelque part entre la Station Orbitale Internationale et l'orbite lunaire)Todd Belsnor a du mal à s'habituer à l'apesanteur. C'est son premier voyage dans l'espace, et il espère, son dernier. Solidement attaché à son siège par des sangles, il contemple les images plus ou moins lointaines d'une activité orbitale lunaire retransmises en video-projection sur la parois de sa minuscule cabine.
Todd Belsnor était également attaché à la section états-unienne de la Food and Drug Administration (FDA). Il était né et vivait à Sim city, une petite ville privée dans la Silicon Valley californienne. Il ne quittait pour ainsi dire jamais sa zone protégée, refusant tous voyages longs et éprouvants qu'auraient pu demander son grade et son activité. Il travaillait depuis l'âge de 23 ans à la Food and Drug Administration, à l'époque administration nationale. Il avait empilé et réglé pas mal de dossiers durant sa carrière, mettant le sceau de son administration, sur moultes semences génétiquement modifiées, sur différentes nouvelles molécules traitant la dépression, la boulimie, la psychopathologie ou la fainéantise. En bon père de famille, il prenait un plaisir certain à marquer au fer rouge toutes substances psychoactives sortant du cadre thérapeutique ou clinique. Il avait une femme charmante, également native de Sim city, qui donnait des cours de mathématique on line. Ils avaient une fille sans histoire (du moins il le pensait) et bien cotée au lycée de Sim city. A 51 ans, il était parvenu à la tête de la FDA, devenu entité fédérée, au sein de l'Empire.
Tous les dossiers qu'il traitait demandaient rarement des déplacements, il se contentait d'envoyer les échantillons ad hoc au labo de la zone, laboratoire dont il était le patron, et ses assistants se chargeaient de faire les rapports, et de les ré-orienter, si Belsnor jugeait les conclusions néfastes à son entité fédérée. Pour le reste, il préférait frimer en video-conférence. Belsnor n'avait jamais été très mondanité et salamalec. Mais le dossier qu'il avait à traiter à ce jour lui imposait la nécessité de voyager, de surcroît, dans l'espace. Disons qu'il en faisait une affaire personnelle.
Il n'y a pas que l'apesanteur à laquelle Belsnor ne s'habitue pas, il y a cet accoutrement dont il est affublé qui le rend de mauvais poil. En matière plastique anthracite, la combinaison une pièce lui collait au corps, faisant ressortir sa maigreur que ses amples costumes lui avait fait oublier. De son hublot, il contempla un instant la terre s'éloigner.
Lorsque Belsnor avait lu l'énoncé de mission sur son écran, il avait frappé un coup sec sur son bureau. On demandait un chercheur et un collecteur pour se rendre sur la station orbitale internationale étudier l'essaim "d'électrons Liberator" tournant autour de la lune. L'électron Liberator était bien cette nouvelle substance en vogue, apparue au début des années trentes, dont était friand une bonne partie des activistes libertaires télébranchés. Soyons clair, il n'avait jamais cru cette histoire, et il n'était pas le seul.
Des sérieuses rumeurs transitaient sur le net; "l'Electron Liberator", ou "l'électron venu de l'espace" était capté par des antennes paraboliques installées en toutes illégalité dans la nature par des groupes libertaires; les Intergalactikes. Cela faisait plusieurs années que les intergalactiks affirmaient capter et transformer l'Electron Liberator via un procédé informatique gardé secret. Et qu'il donnait des super pouvoirs à la personne qui en avait ingéré. Des groupes activistes aux quatre coins de la planète prétendaient en consommer pour lutter contre le pouvoir mondial, alors qu'aucun organisme officiel de l'Empire n'en avaient vu la couleur. L'information, restée longtemps à l'état de rumeur, se transforma en scoop. Relayé par les grands groupes de média, images satellites à l'appuis, Les intergalactikes annonçaient la venue prochaine dans l'atmosphère terrestre d'un gigantesque essaim, actuellement en orbite autour de la lune.
D'inspiration néo-zapatiste, ce réseau terroriste occupaient des zones rurales ou des villages désertés en déclarant ces territoires indépendants du pouvoir mondial. L'afflux toujours plus massif des populations vers les banlieues des métropoles avaient créé des gigantesques zones quasi désertiques que les pouvoirs publics avaient abandonné faute de rentabilité. De nouvelles communautés, vivant selon des bases égalitaires héritées du siècle dernier, luttaient pour la défense de leur mode de vie. Grâce à une guérilla de la communication bien huilée, bons nombres de métropolitains grossissaient d'année en année les communautés néo-zapatiste, vivant essentiellement de l'agriculture auto-subsistante, et se finançant par la production d'énergie et la production informatique pour les besoins des cités.
A ces pensées, Belsnor éructa une petite gerbe violette, petites gouttelettes qui plana quelques instant devant ses yeux, avant d'être attirées par un des nombreux aspirateurs élimant toutes matières organiques inopportunes. Il déserra quelque peu ses sangles en appellant par l'interphone Celia Berretta, son assistante.
02 : l'activiste métropolitain rémunéré (Liège, Bénélux)Dépêche Intergalactik N°465/39
Concerne : Electron Liberator
>L'électron libérator évolue disséminé entre résidus métalliques & rejets polluants terriens circulant d'un pôle à l'autre du *système solaire*.
L'électron libérator réside dans ce qu'on pourrait nommé un minerai organique. Le minerai organique disperse ci et là de la poussière d'électrons, des fragments minéraux évoluant suivant des trajectoires compliquées, déjouant l'attraction des astres.
>Cet organisme grouillant d'enzymes et d'électrons; nous sommes en mesure de le capter, de le transformer et de midifier, c'est-à-dire de le traduire en partition sonore. Le minerai alors pénètre l'atmosphère pour se répandre dans les entrailles de la terre. Leur pénétration est facilitée par des cratères paraboliques, cratères artificiels installés par nos soins dans des lieux reculés et tenus secrets.
>Pour avoir gravité à plusieurs reprises autour de la terre, nous avons pu effectuer nos derniers tests de captage et nous serons en mesure de produire en masse l'électron libérator pour la consommation courante.
>Transformé et midifié; c'est ta conscience qu'il pénètre et c'est l'Empire qui recule. Consommer et digérer, c'est ton corps qu'il transforme et lui procure des pouvoirs surhumain. Cela nécessite un terminal, un ecran et un modem DSL.
>Pour plus de renseignements ou pour obtenir un échantillon gratuit : hmmlp://interg` (en appuyant sur shift et "cage") de nouvelles instructions suivront. Soyez discrets, n'importunez pas le distributeur de ce tract.
Tony Dumortier sort un tract à la fois de son sac à dos. Pour une fois, il a pensé à mettre sa paire de Reebook, une distribution de tracts intergalactiks se terminent toujours par un sprint effréné. C'est dans le contrat, mais c'est grassement payé. Les intergalactiks sont connus pour faire de la retape dans plusieurs pans de la population. Chez les plus démunis, via des tracts papier, ou à l'aide de tracts multimédia (tracts MM) dans la classe moyenne "éclairés". Tony ne s'occupe que du papier, c'est plus discret et ça demande moins de logistique. Une paire de Reebook suffit.
Tony emboîte le pas à un groupe de SDF sur le quai de la Goffe en leur proposant des papiers, qu'ils refusent poliment. Il en profite pour faire un petit écart quand au public cible en glissant la propagande sous les essuie-glace des voitures roulant au pas, pare-chocs contre pare-chocs. Reliant le nord au sud de la ville, la voie rapide ressemblait à un fleuve chromé aux reflets aveuglants par ce beau matin d'hiver ensoleillé. Tony se sent d'humeur sportive et poétique ce matin, il salua une mère de famille agrippée à son volant, rêvassant probablement d'inscrire ses mômes à une école on line l'année prochaine.
Tony Dumortier, 23 ans, n'a jamais aimé l'école, qu'elle soit en ligne ou non. Son univers, c'était les ruelles sombres et mal fréquentées du Net. C'est dans une de ces ruelles qu'il avait été recruté par les intergalactiks pour être distributeur. A un euro le papelard distribué, il s'en tirait à bon compte pour payer son studio et sa ligne de téléphone. Il n'avait pas posé de question, il n'avait même pas été voir sur le site à l'adresse mentionné sur le tract. La politique, c'était pas son truc, pas plus que la drogue. Son truc, c'était voyager.
Tony garde ses écouteurs sur les oreilles quand il sort en rue; surtout pour bosser. Cela évite de se taper les remarques des quidams. De plus; la musique procure un air théâtral à son déplacement; ça lui donne l'impression de se trouver dans un clip video, univers plus familier à son système nerveux.
Un rafale de vent glacé lui rappelle néanmoins la réalité de l'hiver. Il rabat sa capuche et quitta la voie rapide, le long de la Meuse, trop exposée. Il traversa un flot de voiture roulant toujours au pas pour arriver sur l'ancien parking réquisitionné depuis quelques années par l'Union européenne.
Transformé en labyrinthe de barrières Nadar, l'ancien parc à voiture pouvait maintenant contenir les quelques 65 milles personnes qui allait transiter par là aujourd'hui.
Une foule clairsemée avait déjà commencé le parcours; Tony augmenta le volume sonore de son lecteur et c'est sur un beat infernal qu'il attaqua le bout de la file.
Tony Dumortier aimait voyager; la nuit, il naviguait sur des plate-formes numériques, de Fort Lauderdale à Perth, en faisant escale à Cluj Napoca ou à Rome. Tony échangeaient avec ces gens toutes sortes de savoir-faire électronique, allant de la domotique au jeux récréatifs. Tony produisait peu ces derniers temps, mais faisait beaucoup d'échange ou de commerce; comme la plupart de ses aînés occidentaux. Il avait même eu une relation amoureuse avec une Floridienne pendant un bon bout de temps. Les périphériques sensoriels en vogue en cette fin des années 30 permettaient en effet pas mal de jeu érotique.
L'activiste rémunéré chassa ces images du passé et s'activa à la distribution de ses tracts, qui – il faut le dire – laissait pas mal de gens indifférents. Le parcours des barrières Nadar, à l'image d'un hall d'aéroport géant, mène jusqu'à l'entrée d'un building que l'on nommait il n'y a pas si longtemps de ça "cité administrative" .
Ce bâtiment servait toujours aux recensement de la population, mais administré par l'Union. Il permettrait, entr'autres, au 65 000 nécessiteux de la cité n'ayant pas droit à un compte en banque, de venir chaque début de mois toucher leur chèque d'allocation universelle.
Tony ricana intérieurement; y'a pas un seul connecté dans les deux cents personnes que je viens de passer, en quoi ce tract pouvait bien les intéresser?
Plus il approche de l'entrée, puis il devient difficile de se frayer un chemin, entre les gangs afro-pakistanais fumant des pétards à coup de claque dans le dos et des pans entier d'hôpital psychiatrique venus en rang serré. Tony monta son écharpe sur son visage et descendit un peu plus sa capuche en approchant du premier sas de tri; il n'ira pas plus loin, mais l'endroit est truffé de caméras et non loin de se tient deux flics de l'Union; regard grave, masque anti-odeur sur le visage et revolver électrique à la ceinture. Tony les tiens à l'œil, sortant toujours un à un les papiers de son sac à dos.
Un vieillard quelque peu psychotique tira la manche de Tony, qui enleva un de ces écouteurs.
-"C'est quoi qu'tu vends fiston?" le sdf tenait le papier à quelques centimètres de son visage.
-"Sais pas, papy, pas eu l'temps de lire ce matin, mais il parait que c'est d'la bonne camelote!"
-"Mouais je vois… et t'y croit toi? De la drogue de l'espace qui passe à la télé?"
-"J'en sais rien papy, je me suis jamais posé la question. Je t'avoue que les intergalactiks ne sont pas bien vu dans le milieu internaute, si tu veux tout savoir; on les prends plutôt pour des frimeurs…" Le vieux lui montra un grand sourire édenté
-"C'est quel chaîne ton truc, que je jette un œil…"
-"Laisse tomber."
Tony lui arracha le papier des mains, presque vexé, bien qu'il n'ait aucune sympathie pour les intergalactiks. Pour une bonne partie de la population télévisuelle, Tony Dumortier n'existe pas, il est toujours de la science-fiction.
03 : Le spationef de la FDA Fédérale (quelque part entre la Station Orbitale Internationale et l'orbite lunaire)La porte coulissa et Celia Berretta, la jeune assistante de Todd Belsnor, pénètra dans la cabine en s'aidant des multiples poignées encastrées dans l'habitacle. Belsnor, bien que bon père de famille, ne peut s'empêcher de mater d'un œil discret ce corps parfaitement moulé dans la combinaison anthracite, se déhanchant avec agilité dans l'espace de la minuscule cabine. Il s'attarda sur le sein gauche de ce petit ange volant où était brodé un étendard bleu muni d'une couronne à 12 étoiles jaunes flanqué des initiales E.U. Belsnor détestait les européens et ne leur faisait jamais confiance mais il était prêt à faire une exception si elle passait son petit test. Tandis qu'elle attachait au siège voisin, Belsnor se racla la gorge avant de prendre la parole.
-"Vu que nous sommes condamné à voyager dans ce minuscule spationef pendant *…*, autant faire un peu connaissance, vous ne trouvez pas?". Celia dégaina son petit ordinateur portable de sa ceinture et le posa sur ses cuisses.
-"Le premier voyage dans l'espace est toujours un peu pénible, professeur, je vous l'accorde." Elle alluma son ordinateur et un jet de violon empli l'habitacle". Belsnor rougit, il ne supporte aucune position de "bleu".
-"Oh!, je vois que mademoiselle achète états-uniens, vous saviez que les premiers modèles de votre ordinateur ont été conçu non loin de chez moi?" Elle opina du bonnet avec un petit sourire;
-"Parlez-moi de vous Mademoiselle Berretta?" Elle se mit à clapoter sur le clavier de son ordi.
-"Je m'appelle Celia Berretta; j'ai 28 ans, je suis d'origine italo-espagnole mais je vis entre Nice où j'ai vécu une bonne partie de mon enfance et Marseille… Belsnor fronça les sourcils.
-"Mademoiselle, arrêter de taper sur ce clavier quand je vous parle. Je ne vous demande pas à quel âge vous avez arrêter de pisser au lit, ni de combien d'oncles et tantes il vous reste en Espagne…" Elle referma son ordinateur, et s'attacha les cheveux qui ondulaient au-dessus de sa tête. Elle mourait d'envie d'une cigarette.
-"Je vous demande pardon professeur?"
-"Vous m'avez été commis d'office par le bureau fédéral, pour vos… vos connaissances en… en organisme évoluant dans l'espace. J'aimerais connaître votre point de vue sur cette mission; je vous avoue que je n'ai pas l'habitude de travailler avec quelqu'un ne faisant pas partie de mon équipe."
-"Ce qui nous concerne ici dépasse votre juridiction professeur Belsnor, il est donc normal que…" Il la coupa d'un revers de la main.
-"Tss tss, épargnez-moi ce genre de discours de politicard, mademoiselle Berretta… Allons droit au but : Vous y croyez, vous, à ce minerai organique spatiale avec lequel se défonceraient tout ces crétins de terroristes?!"
-"Pour être honnête avec vous Professeur Belsnor, oui j'y crois. Au sens de croire, c'est-à-dire, sans certitude scientifique. C'est pour cela que nous sommes ici, non?
-"Oui c'est pour cela que nous sommes ici, pour foutre une raclée à cette bande de merdes anarchistes. De la sueur commençait à perler sur son front chauve; rien que le mot anarchiste le faisait suer.
-"D'après mes notes, professeur, ils ne sont pas anarchiste, mais néo-zapatiste…
-"Quelle différence!?
-"… et l'OTAN a répertorié 276 camps intergalactiks à travers le monde. C'est une sacrée bande de merdeux". Belsnor laisse échapper un petit sourire…
-"Je vois que vous vous êtes renseignées bien au-delà du pourquoi vous avez été mandatée. Pourquoi?" Celia ne laissait passer aucune émotion.
-"Disons que … *…* de voyage, ça nous laisse du temps libre pour bouquiner…
-"Je ne vous le fait pas dire mademoiselle Berretta…" Il jette un oeil sur la vidéo projection. Un paysage lunaire photographié toutes les 15 secondes par un satellite en orbite. "Comment expliquez-vous que l'on ne voit pas ce fameux essaim de matière vivante?". Elle jette un oeil sur l'écran en se retournant de 3/4.
-"Les photographies ne sont pas de bonne qualité, peu de chance de le repérer si il est gazeux, par exemple. D'ici quelques jours, nous pourrons envoyer un mouchard qui nous prendra des images de bien meilleur qualité."
Belsnor enfonça son regard dans les yeux de Celia, espérant trouver quelque chose qui lui échappait. Il ne trouva qu'un regard bleuté et séducteur dans lequel il sombra quelques instants.
-"Vous pouvez disposer mademoiselle, vous devez avoir du travail je suppose…"
-"Plus qu'il en faut… à tout à l'heure, professeur Belsnor.
Celia rengaina sa portable, et en deux secondes s'était détachée. D'un coup de poignet, elle se retrouva à hauteur d'yeux de Belsnor, et en guise de provocation, lui exposa ses fesses à une dizaine de centimètres de sa tête avant de rejoindre le sas de l'habitacle. Belsnor eut un début d'érection, ce qui lui fit maudire une seconde fois cette combinaison moulante.
04 : Centre de convergence intergalactik *B12* (cordillère Centrale, Espagne)Non loin de Ségovie, perdu dans les montagnes de la cordillère Centrale, le campement intergalactik B12 était sur le qui vive. Un arrivage important d'électrons libérator était à prévoir dans les prochains jours. Les hivers rudes dans la région était d'habitude synonyme d'hibernation; beaucoup d'activistes passaient les jours les plus froids collés les uns aux autres dans les tentes à plénière, un casque 3D devant les yeux. Seul les gens de corvée se hasardaient dehors, alors qu'aujourd'hui, 19 janvier, on se serait cru en plein été tant il explosait d'activités. Le Centre de Convergence B12 existait depuis un peu plus de 10 ans, mais était déjà totalement autonome; Madrid, non loin, était une mine d'or pour toutes sortes de petits commerces en noir, et le camp fournissait de l'énergie électrique pour plusieurs coopérative de la région, ce qui permettait de nourrir le camp, l'agriculture, à cette hauteur, étant plus que limitée. 35 hommes adultes, 22 femmes adultes constituaient la base du camp en cette année 2039 naissante, bien qu'une centaine de personnes étaient présentes. 12 couples s'étaient formés, 7 dissous, et 3 enfants étaient né ces 5 dernières années. Le campement, sur 3 hectares, étaient entourés d'une quinzaine d'éoliennes gros formats et il fallait plusieurs semaines pour s'acclimater au boucan qu'elles faisaient. Après vente aux coopératives, l'électricité restante permettaient de cultiver en hydroponique sous serre, alimentaient une cinquantaine d'ordinateurs, sans compter la tente N°2, où s'entassaient les serveurs dont Léo avait la responsabilité.
Léo pianotait nerveusement dans la tente n°2, c'est lui qui est chargé de réceptionner la camelote, de la modifier et d'inonder la région sud-ouest de l'Europe occidentale.
Léo vivait depuis plusieurs jours dans la tente et ne sortait quasi jamais. Une paillasse était installée dans un coin où le sol n'était pas encore jonché de fatras divers électronique, près de grosses unités centrale produisant assez de chaleur pour que les nuits ne soient pas trop froides. Néanmoins de la buée sortait de sa bouche, mélangée à la fumée d'un joint qu'il venait de se rouler.
Léo avait 35 ans, il était un des fondateurs du camps, il y a maintenant dix ans. Il était arrivé dans ce lieu inhospitalier avec une dizaine de ces amis et était parti de rien. Une éolienne produisant assez d'électricité pour cultiver une cinquantaine de mètres carrés sous serre, et alimenter deux trois ordis et une antenne parabolique. Lui venait de Marseille, il y avait toujours vécu jusqu'à ce que la justice lui tombe dessus. Il avait fait ses études d'informatiques à *…* qu'il payait avec divers trafics de stupéfiants. Un jour, sur le campus, il avait trouvé par-terre un tract des intergalactiks, et deux ans plus tard, il était recherché par Europol, officiellement pour traffic de stups, officieusement pour activisme politique. Il s'était alors exilé en Belgique, avec de faux papiers, c'était en 26. Il vécut, d'abord à Bruxelles, puis à Liège où il rencontra Escobar et kwet, qui animaient également une cellule intergalactiks dans un Centre de Convergence urbain. Après une action plutôt violentes contre le nucléaire, qui consista au blocage de plusieurs jours de la principale entrée du Réacteur Nucléaire liégeois. Ils entendait lutter contre les reports incessants de sa fermeture. Mais ce fut le Centre de Convergence qui fut fermé, après une action spectaculaire de la police militaire européenne; qui défonça l'entrée du centre avec un blindé aux lueurs du matin, un jour d'avril 2026. L'entrée était barricadée depuis plusieurs jours mais ne résista pas au choc du blindé léger. Lui dormait au dernier étage du bâtiment, et avait fuit en catastrophe par les toits où il tomba nez à nez avec kwet et escobar qui avaient eu la même idée. C'était sous les sifflements de balles anesthésiantes qu'ils prirent la fuite par les toits. Ils partirent tous les 3 en Espagne à Valencia où le climat "anti-galactiks" étaient moins pesant et où Escobar avait des entrées. Ils décidèrent alors un saut qualitatif dans le réseau, c'était l'ouverture d'un centre de convergence "en base arrière", dans un territoire abandonné par l'état fédéral. Ils savaient qu'à Madrid, une poignée de jeunes activistes comptaient faire la même aventure et étaient, eux-aussi, prêt à se jeter leur carte d'identité à la poubelle …
Casquette enfoncée jusqu'aux sourcils, barbe de 2 mois et veste militaire anti-bactériologique de l'OTAN, il regardait sans regarder un de ces nombreux écrans en se remémorant ses débuts ici. Il était jeune et plein d'idéal, maintenant il était vieux et fatigué. Dehors il entendait s'affairer les camas dans une bonne humeur qui contrastait avec la sienne.
Escobar, qui venait de rentrer dans la tente le sorti de ses pensées. Il enleva son bonnet et se frottait les mains pour se réchauffer.
-" Alors Léo, toujours pas décidé à mettre une chauffage dans cette tente?, il fait plus chaud dehors…"
-"Nan, ça consomme de l'électricité pour rien". Escobar lui prend son joint.
-"Tout baye Léo?"
-"Ouaip, encore deux trois tests avec ce foutu réseau de l'âge de pierre et nous seront prêts" Menti Léo qui n'avait plus dormi depuis 3 jours.
Ce "foutu réseau de l'âge de pierre", c'était une cinquantaine de Xserve et de *Quicksilver* de la marque Apple, datant du début du siècle. Léo y tenait, c'était pour lui les derniers modèles d'ordinateurs personnels dont le processeur n'étaient pas fabriqué par Intel, constructeur qui régnait en maître absolu depuis quasi un demi siècle. Intel bourrait depuis longtemps ses processeurs de mouchards pouvant localiser la machine, même si on se protégeait avec des redirections de lignes, Et pas mal de données d'activités demeuraient également dans le processeur. On ne savait pas exactement depuis quand Intel vendait son savoir-faire en matière d'espionnage aux gouvernements régionaux ou aux éditeurs de logiciels traquant les pirates. Toujours est-il que Léo ne voulait pas prendre de risque, mais ce matériel antique posait de gros problème de compatibilité, entr'autre avec le protocole hmml.
-"Et de votre côté? Ca baye dehors?" Il reprit le joint à Escobar qui regardait un des écrans sans arriver à comprendre quoi que ce soit.
-"Steeve et Kwet tendent les câbles de la première parabole, tous les cratères sont en passe d'être terminé, Ils sont frigorifiés et fin soûls comme des baleines. Tout me paraît OK. Par contre, toi, tu ferais bien de faire une pause…"
Léo, qui avait les yeux rougis par la fatigue et le cannabis regardait ses écrans sans plus savoir les déchiffrer. Il souffla un bon coup et se leva de sa chaise.
-"Ouais, t'as raison, je vais aller faire un tour dehors". Escobar lui fout une grande claque dans le dos et mit son bonnet.
-"Allez, je t'offre une bière au bistro du coin"…
05 : l'activiste métropolitain rémunéré (Liège, Bénélux)Il devenait de plus en difficile pour Tony de rester en place au niveau du premier sas de tri. La foule devenait de plus en plus compact et ça poussait durement vers l'entrée. Il lui restait une centaine de tracts à distribuer pour terminer sa journée mais un problème de taille survint. Il était impossible de reculer tant la foule était dense et poussait vers le sas de tri. Il était près de 9h et en se retournant il aperçu que le long parcours de barrière Nadar était bourrée d'une foule bien compact. Il était bien impossible de faire demi-tour.
Comment ai-je pu me faire piéger de la sorte, c'est pas la première fois que je viens ici, bordel… songea Dumortier hors de lui. Je n'ai même pas de chèque sur moi, ça pue l'embrouille. Il s'était accroché aux barreaux d'une barrière et avait arrêter de distribuer, sentant le regard d'un des flics dans son dos. Il faut que je me débarrasse de ce paquet de tracts, je pourrais toujours au contrôle prétexter que j'ai oublié mon chèque. C'est un peu gros comme histoire, mais bon, on verra…
Tony Dumortier habitait ce quartier, il avait mainte fois vu (avec un certain dégoût) toute cette foule grégaire s'agglutiner des heures devant le bâtiment européen, espèce de brique gris-noir brute, posée comme ça, plop au milieu du dernier quartier historique de la ville. Lui habitait un studio, (casabulle ou capsule, on disait en argot) qui était en fait une pièce de deux mètres de large sur 6 de profondeur, encastré sous le viaduc autoroutier surplombant la rue Léopold. Une série de casabulles qui partait du Cadran jusqu'à la Meuse, où il descendait sur la voie rapide longeant cette dernière. On y accédait par des ascenseurs, mais une passerelle permettait de se déplacer d'un point à l'autre du viaduc. Tony aimait ce quartier aérien, même si il était très bruyant. Les turbines électriques des voitures donnait une impression constante d'avoir un essaim de guêpes géantes au-dessus de la tête. De chez lui, il pouvait apercevoir ce long serpent zigzagant jusqu'à l'entrée du bâtiment.
-"Tu peux me dire ce que tu fais comme ça, accroché à la barrière?"
Un jeune type d'environ son âge était nez-à-nez avec lui dans la cohue. C'était une cohue plutôt bonne enfant, tout le monde allait être servi de toutes manières. Ca poussait par a-coup, suivi de rires de la foule.
-"Euh je ne veux plus y aller, j'ai oublié mon chèque…"
-"T'as qu'à dire que tu es avec moi, allez viens, on f'ra la fête après"… Une nouvelle poussé eu lieu, le jeune type l'agrippa en rigolant et le tira vers le sas de tri.
Une fois dans le sas de tri, vous étiez sous juridiction européenne. Une rangée de quatre guichet était aligné devant lui, avec quatre files proprement alignée, de gens attendant calmement. Sous juridiction fédérale fini de rigoler, et des membres hautains de la police militaire se promenaient entre les files, faisant baissé les regards des allocataires. Arrivé aux guichets, on devait passer un portique de détecteur de métal et on était fouillé. Si le pouvoir communal local tolérait les tracts politiques subversifs, il n'en était pas de même pour l'autorité européenne, et Tony sentait qu'il allait passer un sale moment. Au mieux, il se faisait copieusement interrogé, rossé puis jeter dehors, au mieux, il était envoyé dans une prison politique de La Haye.
-"Eh tu viens?"
Le surplace – juste quelques secondes–, de Tony éveilla directement la suspicion d'un flic qui s'approcha d'un pas rapide. Rapide coup d'oeil à droite, puis à gauche, une barrière de deux mètres clinquantes à trente mètres; il se mit à courir; deux flics fit de même. A travers le treillis, il voyait la rue, il voyait sa ville, sa liberté… Il sauta le plus haut qu'il put et passa ses doigts dans le treillis. Il l'escalada comme ça, avec ses doigts et sa paire de Reebook. En retombant par-terre de l'autre côté, il vit les deux flics, à un mètre de lui derrière le grillage. Un des deux avait enlevé son masque. Il allait partir mais ne pu s'empêcher de les narguer un peu avant de partir
-"Eh les gars, désolé pour le dérangement, j'avais oublié mon chèque, et…"
Une décharge électrique lui parcouru le corps, il eu juste le temps de voir ce flic dégainer, tirer et esquisser un sourire, avant de perdre connaissance quelques secondes. Dans la rue, plusieurs personnes s'étaient arrêté et regardaient la scène. Tony reprit connaissance; il voyait les bottes des agents, qui se parlaient rapidement en néerlandais. D'autres bottes arrivaient en courant, alerté par le cris strident que Tony avait poussé. Lorsqu'il voulu se relever; il eu juste le temps de voir que le fil électrique de Taiser était toujours bien enfoncé dans son abdomen et une seconde décharge le fit hurler. Une petite foule s'était maintenant massé autour de Tony à distance respectable mais des grondements de désapprobation eu lieu à la seconde décharge. D'autres flics dégainèrent leurs armes quand l'un ou l'autre téméraire essaya de s'approcher de Tony, qui reprenait ses esprits pour la deuxième fois et qui commençait à la trouver saumâtre. Dans la foule, plusieurs personnes avaient tenté de s'approcher. Il s'agissait d'une petite bande de skaters, remontés à bloc. Ils ne savaient pas ce qu'il se passait mais une adrénaline anti-flic se faisait toujours sentir dans des moments pareils. Un fourgon de la police locale s'arrêta non loin de là, probablement appelée par la police militaire. Les badauds reprirent comme un seul homme leurs activités à l'exception que quelques personnes dont la bande de skaters.
06 : Le spationef de la FDA Fédérale (quelque part entre la Station Orbitale Internationale et l'orbite lunaire)Celia Berretta était attachée au lit de sa cabine. C'était une minuscule cabine qui ne comportait qu'un lit, et un box pour le nécessaire personnel, finalement très réduit lors de voyages spatiales. Située à l'arrière du spationef à proximité des réacteurs, la chaleur avoisinait les 40 degrés celcius; Cet espace était normalement réservé au stockage de matériel mais Belsnor avait refusé de partager sa cabine avec quelqu'un. Finalement, elle ne regrettait pas son égoïsme, au contraire, elle lui était plutôt reconnaissante.
Juste vêtue d'un boxer short, elle posa son portable sur ses cuisses luisantes de sueur et enclencha la lumière de nuit. Une lueur bleutée envahi la minuscule pièce. Des gouttes de sueur dansaient devant ses yeux alors qu'elle tapotait sur son clavier. Elle annotait la base de données qu'elle avait créée sur l'électron libérator depuis qu'elle avait postulée pour le job.
Celia Berretta avait 28 ans mais avait déjà pas mal voyagé dans l'espace. Issue d'une famille aisée niçoise, elle avait étudier la biologie à l'université de Marseille. Ses parents lui avait offert un voyage spatiale pour ses 21 ans, un rêve de gosse réalisé dirait-on, et le coup de foudre avec l'apesanteur, les étoiles et la splendide vue de la terre s'était amorcée. Elle entreprit alors un master à *…* en *…* mais en gardant un studio à Marseille. Ses études l'amena à plusieurs reprises à faire des stages dans la Station spatiale internationale.
Les premiers articles sur l'électron libérator répertorié sur le net remontait à 2025. C'était une allusion vague, toujours poétique, d'une poussière d'étoile découverte sur un astéroïde qui s'était écrasé dans les steppes russes, près de *…* la même année. A l'époque, il ne s'agissait pas de transformation numérique, mais de vulgaires lignes à sniffer. Des activistes européens(la ville) affirmaient que la substance leur donnait une force surhumaine, tant mentale que physique et leur permettait de combattre avec plus d'efficacité le nouveau pouvoir impériale. L'Empire était le nom courant qu'on donnait à la Fédération des Nations Unies, dont le parlement avait rapidement fusionné avec le WEF avec l'Otan comme bras armé, et le G11 son exécutif. La substance réapparu un an plus tard sous une forme plus élaborée, au Bénélux. L'électron parasitaire était alors intégrée dans un circuit imprimé. Une époque troublée par des évasions spectaculaires de sans-papiers du Centre de rétention de Liège. Sérieusement endommagé à deux reprises par des activistes soutenant les migrants, le Centre était devenu un des plus modernes d'Europe. Et pourtant, une vingtaine de migrants avaient pu s'y échapper sans laisser de traces d'effraction. Un communiqué attestait que l'électron libérator permettait de traverser les murs et les barbelés.
Célia avait déjà lu ces articles mais se les repassaient, sachant d'instinct que ses mouvements étaient logués sur le serveur du spationef. Elle laissa un instant son portable pour se dé-sangler. Son dos nageait dans un ruisseau de transpiration et elle le laissa léviter dans sa cabine comme on pourrait le faire dans l'eau, la tête rejetée en arrière; décollant ses cheveux de sa nuque et son front. Un moment présent de calme et de sérénité, dans la lueur bleutée et le ronronnement du propulseur nucléaire.
L'interphone retenti; la voix nasillarde de Belsnor se fit entendre; il ne lui vait pas laissé 48 heures de répit.
-"Mademoiselle Berretta, veuillez me rejoindre dans ma cabine, nous avons, comment dire, un problème sérieux".
Elle répondit par l'affirmative; attrapa un tube de nicotine dans son box pour l'aspirer, ainsi qu'un essuie de bain pour s'éponger. Elle enfila sa combinaison papier anthracite et quitta sa cabine.
07 : Centre de convergence intergalactik *B12* (cordillère Centrale, Espagne)Escobar avait bien fait de le tirer dehors de la tente, le spectacle valait le coup. La tente N°2 était installée sur une petite colline, à l'écart du plateau où s'étendait le campement. Léo pouvait alors contempler le spectacle. A chaque extrémité du camps, des groupes d'activistes tendaient de longs câbles de fibres optiques partant d'une antenne parabolique installée au sommet d'une armature métallique. L'opération semblait difficiles à cause du vent. A l'entrée, un groupe plus imposant de personnes montait une scène géante où une fête allait battre son plein pendant plusieurs jours pour célébrer l'arrivée de la Matière. Les habitats collectifs, les magasins et les hangars fourmillaient de gens s'affairant à des affaires qu'on ne pouvait déterminer de la tente N°2. Léo fronçait les sourcils avec un petit sourire pincé.
-"C'est du pur spectacle de propagande" ! Escobar s'assit sur un rocher en jouant avec sa grosse moustache.
-"Clair, et crois-moi, c'est en ce moment, en direct sur le net…"
-"Lol, c'est de la pure escroquerie, tu ne crois pas?" Léo s'essaya également sur la pierre.
-"Je crois au contraire que tout le monde y trouve son compte".
-"Tu crois pas si bien dire". Léo se figea, puis bondit jusqu'à la tente pour revenir avec une paire de jumelles.
-"Qu'est-ce qui cloche Léo, les câbles sont mal tendus ou quoi?"
-"C'est pas le camp que je mate Esco, c'est le Dispositif, il y a du mouvement…
La plupart des Centres de Convergence en base arrière, bien qu'en no-mans land, était encerclé à distance respectable d'un dispositif militaire. Les incursions y étaient rares, mais il fallait toujours passer un check point si on voulait quitter le camp ou y rentrer. A ce sujet, Escobar connaissait bien la région est arrivait à les contourner, mais toutes les zones accessible en voiture étaient soigneusement barré.
-"File-moi les jumelles Léo, tout de suite". Il s'exécuta et couru à nouveau dans la tente.
Léo avait raison, il y avait du mouvement là en dessous. On apercevait du matériel motorisé pas habituel; il s'agissait de Blindés tout-terrain bleus foncé, probablement de la Police militaire européenne et un nombre un peu trop élevé de policiers locaux, casques accrochés à la ceinture. Ce n'était pas la première fois que ce genre d'alerte arrivait, mais l'actualité présageait le pire. Léo sorti la tête de la tente.
-"Esco, j'ai Mike la roquette en IRC, qu'est-ce que je dis? Alerte orange?
Escobar, qui gardait les jumelles devant les yeux fit un rapide panoramique de la vallée entourant le camps.
-"Alerte rouge, Léo, c'est une putain d'alerte rouge". Il sorti son talkie-walkie de son énorme pull en laine.
-"Escobar ici. Je m'adresse à l'entrée principale, et aux responsables de pont. On a une alerte rouge…"
L'information se répandit dans le camps comme une traînée de poudre, selon des techniques d'alerte bien huilée. Tout le monde abandonna sa tâche pour renforcer l'entrée principale. Des Troncs d'arbres rangés à cet effet fut porté et disposé sur des ossatures en fonte, barrant l'entrée principale, surmonté de barbelés. Les différents responsables de ponts donnèrent l'ordre de dévier les eaux usées des citernes de recyclage vers les tranchées entourant le campement. Les palissades ne résisteraient pas longtemps à un assaut, mais les militaires et les matériels roulant ne passeraient pas facilement le canal d'eau usées, qui répandirent une odeur plutôt désagréable.
De la tente N°2, le spectacle avait changé mais n'en demeurait pas moins de la bonne propagande d'auto-défense et de détermination. Escobar gesticulait dans tous les sens talkie-walkie devant la bouche et jumelles devant les yeux en répondant à toutes sortes de questions, donnant des recommandations rassurantes. Léo roulait un joint d'une main, tapant au clavier de l'autre. Il était en chat avec la Centre métropolitain de Montréal au Québec.
Serveur IRC du Centre de convergence métropolitain C4, Montréal, Canada.
<Mike_la_roquette> : kel sont les nouvel?
<Léo> : de mon coté, toujours ce même probl avec le partage de fichiers entre mon NC et les serveurs apple. de l'autre, nous somme en train de barricader les entrées, les tranchées ont été inondées, pour le reste, on doit prévoir une plénière pour la suite des événements, savoir si on est vraiment en alerte rouge ou pas. et vous?
<Mike_la_roquette> tu peux comprendre que moi non plus je ne peux pas rentrer dans les détails sur un serveur irc, :-x
<Léo> ;-)
<Mike_la_roquette> mais je peux te dire que notre bot a été lancé et a infiltré le système ciblé. Je te fais un dessin?
<Léo> : non pas besoin, ça a peut-etre un rapport avec ce qu'il se passe ici...
<Mike_la_roquette> : je n'ai pas encore de nouvelles des autres Centres en charge de modifier la matière mais ya de grandes chances, oui. te tiens au courant. tenez votre plénière et envoyer votre rapport ou vous savez, nous tiendrons une assemblée globale plus tard dans la journée
Un bourdonnement d'hélicoptère se fit entendre dans la tente, Léo passa la tête dehors. Plusieurs gros porteurs passaient en trombe sous les huées des habitants du village intergalactik pour aller se poser non loin du dispositif policier, à un kilomètre de là.
08 : Le spationef de la FDA Fédérale (quelque part entre la Station Orbitale Internationale et l'orbite lunaire)Todd Belsnor lévite dans sa cabine les yeux écarquillés devant la video projection. Une fractale de cristaux métallisés tournoyant telle une tornade, explosant en millions de particules, pour ensuite se reformer selon selon des proportions changeantes. En effet, les vidéo-Mouchards donnent des images de meilleurs qualités songea Belsnor.
Le sas coulisse et Berretta pénétra dans la cabine pour se retrouver nez à nez avec Belsnor, en apesanteur.
-"Mademoiselle Berretta, content de vous voir, jetez un oeil sur ces images je vous prie…"
Célia jette un oeil distrait sur la vidéo.
-"Mmm, C'est la première fois que je vois ce genre de phénomène, professeur.
Belsnor attrape les épaules de Berretta, qui se dégage d'un coup de pied contre l'accoudoir d'un siège.
-"Et c'est tout l'effet que ça vous fait, Berreta?"
-"Avez-vous appeler la SOI professeur"?
-"Je vous attendais, Berretta"
Belsnor, dans un état d'excitation latent, enfila son casque.
-"Belsnor à la Station Orbitale Internationale"…
Le délai de transmission plomba l'ambiance, donnant des échanges de regards inquiets et méfiant. A l'image, les fractales se font et se défont à intervalles réguliers. On peut y voir des formes dans le style de Rorschach.
-"Station Orbitale internationale, commandant Parker. Vous êtes à 234 heures de l'orbite lunaire professeur Belsnor. Quelque chose à signaler"
-"Et comment que j'ai quelque chose à vous signaler. Vous recevez bien la vidéo-transmission envoyé par le vidéo-mouchard? Avez-vous des informations? Terminé."
Il se tourna vers Célia qui regardait la vidéo, appuyée contre le sas. Elle dégaina son portable agrafé à sa hanche.
-"Laissez votre portable de côté pour le moment mademoiselle Berretta". Célia commençait à en avoir marre de son petit jeu.
-"Qu'est-ce qui vous prends professeur?, je vous rappelle que nous travaillons ensemble …"
-"Mais vous êtes sous mes ordres en cas de dysfonctionnement"
-"Dysfonctionnement? Pouvez-vous être un peu plus précis?"
L'interphone retenti.
-"Oui Professeur, c'est un drone qui a été lancé de votre astronef il y a des 543 heures et qui vient d'arriver en orbite lunaire. Avez-vous des informations? Terminé."
- "Non mais j'hallucine, C'EST TOUT L'EFFET QUE CA VOUS FAIT A VOUS AUSSI COMMANDANT PARKER!? QU'EST-CE QUE… QUE… CETTE TORNADE? TERMINé !"
-"Professeur Belsnor, laissez-moi ouvrir mon portable, je dois analyser les images du mouchard, je suis tout de même mandatée pour ça, et vous n'avez pas le droit de m'en empêcher" Belsnor opina du bonnet à contre-cœur.
Célia dégaina pour la seconde fois son portable, mais elle tenait à rester en apesanteur, sur la défensive. Elle agrafa ses scratchs dorsaux à la paroi près du sas et replia ses jambes pour y déposer sa machine. Une pose qui demanda à Todd Belsnor beaucoup de self-controle pour assurer l'étanchéité des ses pulsions dans une combinaison aussi moulante.
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